Je suis une grande angoissée de l'organisation. J'ai besoin d'évoluer dans un cadre bien balisé avec des buts clairs pour arriver à canaliser mes tendances à la dispersion et avoir le sentiment que les choses avancent. J'ai donc très naturellement tenté d'organiser les travaux de ce petit groupe que nous formons : ordre du jour, compte rendus, intervenants... pour constater que ce besoin n'était pas partagé. J'ai fait le choix de "lâcher" au nom d'un principe très simple : je n'ai aucune intention d'avancer seule et il est donc logique d'apprendre à composer avec tous et chacun. Ca n'a pas été sans mal. Je me suis en l'espace de quelques semaine seulement, plusieurs fois posé la question de la réalité même de cette dynamique collective que j'appelle de mes voeux, de ce que je devais/pouvais faire pour prévenir sa dilution. Je ne suis pas d'un naturel très patient... Mais finalement le groupe a trouvé de lui même une forme d'équilibre. Un noyau s'est formé très spontanément au fil des échanges et nous avons franchi un cap : nous nous sommes ensemble identifiés comme un groupe qui, à défaut d'une certitude quant au fait de vivre un jour ensemble, partage une même volonté de travailler ensemble sur des bases communes (voir sur cohabitat.fr la présentation de notre projet). Je ne cacherai pas que ça a été pour moi un soulagement et une belle leçon. Soulagement, car je commençais à douter. Leçon, car j'ai au passage appris que oui, le projet avançait, pas nécessairement à mon rythme mais, comme dans un peloton, à un rythme justement dosé, donné par des coureurs, parfois adversaires, qui se succèdent en tête et veillent à ne pas semer leurs coéquipiers afin de bénéficier de relais (l'analogie a ses limites dans un peloton il est question d'assurer la victoire d'un homme) et non, une organisation très carrée (pour ne pas dire rigide) n'était pas forcément nécessaire, enfin pas dans cette phase d'approche où chacun apprend à se connaître et où il est essentiel que la parole circule librement. Le groupe dans ce temps-là apprend
Et de me dire que décidément les recettes méthodologiques ne sont que des trames qu'il appartient à chaque groupe de réinterpréter, de s'approprier (pour mieux s'en détacher) selon les besoins et personnalités de chacun.
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