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06 juillet 2009

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Commentaires

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Matthieu Beck

Bonjour !

Je trouve que ce post est l'un des meilleurs de ce merveilleux blog et qu'il touche une question de fond, sans essayer de la simplifier. Je suis architecte et la mixité sociale est une question qui devient essentielle dès qu'on touche à l'urbanisme. Le fait qu'un groupe décide de construire un ensemble de logement en fait un acteur de l'urbanisme et c'est un point qui me passionne dans la démarche de cohabitat : des particuliers se saisissent de la question urbaine plutôt que de la laisser aux pouvoirs publics.

Je pense que la piste proposée (prévoir dans le programme global un ou deux logement à la location, sans forcément s'embarrasser des contraintes des bailleurs sociaux) est la plus prometteuse. La diversité des modes d'accès au logement est l'outil utilisé pour tendre vers la mixité dans l'urbanisme classique : logements à la vente (qui accueilleront des locataires et des propriétaires), logements en accession à la propriété, logement social.

De la même manière, le type de logement proposé a une influence énorme sur les occupants futurs. Ce ne sont pas les mêmes personnes qui cherchent un studio et un cinq pièces. Et c'est une question à poser, sans faux-semblants : à qui est-ce que le groupe souhaiterait proposer un logement ? A un/des étudiants ? A un/des jeunes couples, avec ou sans enfants ? A un/des vieux couples ? A des personnes agées seules ? Ces logements supplémentaires pourront-ils à terme être utilisés par un ou des habitants initiaux ? (un couple qui emménage dans un appartement plus grand à la naissance d'un enfant, un studio utilisé par un enfant qui a grandit, un couple qui emménage dans un appartement plus petit quand ses enfants sont partis...) A quelles conditions ?

Finalement, la forme juridique et la forme des logements ont une influence directe sur la mixité à la fois sociale et générationnelle.

Proposer un logement à la location classique, c'est aussi un moyen de créer une relation qui ne relève pas du paternalisme : le groupe propose un logement à la location sur le marché et signe avec le locataire un bail classique. Selon les statuts du groupe, le ou la locataire aura ou non voix au chapitre lors des assemblées de gestion, et pourra envisager d'acquérir des parts. La relation est claire et devrait être équilibrée, avec des droits et des devoirs de part et d'autre.

Le simple fait de permettre à quelqu'un d'extérieur au projet de départ d'habiter au sein de l'ensemble apporte un regard neuf. C'est le but de la mixité selon moi. Ne pas s'enfermer dans une vision autarcique homogène. Continuer à autoriser la discussion et donc la remise en cause.

Voilà un point de vue parmi d'autres, mais le débat mérite d'être abordé, sans tabou ni faux-semblants. La construction du lieu où nous vivrons pour plusieurs années est quelque chose de concret et il nous faut confronter nos positions idéologiques et nos envies réelles (quand je dis nous, je parle de la catégorie sociale mentionnée dans le billet : cadres, professions libérales, "intellos précaires", blancs... plutôt à gauche).

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