Long silence... Je fais l'expérience du délicat jonglage avec la charge de travail qu'induit la participation simultanée à un projet de cohabitat, à un collectif, l'alimentation (aux forceps parce que non l'information n'arrive pas seule jusqu'à moi, comme je l'ai naïvement espéré un temps) d'un site internet, de x blogs (autant que mes centres d'intérêts dispersés), et la chasse au bison (qui me nourrit). Je considère que mon plus précieux bien est mon temps et je viens à en manquer. Rageant!
Bref, de retour, avec des fonds de tiroirs, l'actualité côté projet et collectif étant un peu en panne (la reprise ne saurait tarder, du moins si elle tardait il me faudrait reconsidérer mon engagement et ses voies dispersées).
Grand ménage sur mon disque dur et dans un vieux dossier, de vieilles notes (décembre 2007), empreintes d'une certaine naïveté mais dont je ne rougis pas, sur le paradoxe qui gît au coeur des peurs que semble susciter la seule mention de l'habitat collectif.
Etonnant hiatus dans la perception de l’habitat collectif choisi essentiellement sous l’angle de la contrainte alors que l’habitat, le logement individuel sont aujourd’hui plus que jamais des terrains où s’exerce un maximum de contraintes (ce que d’ailleurs expérimentent nombre de candidats à la location comme à l’achat) : contraintes financières (prix de l’immobilier, marché bancaire, pouvoir d’achat...), contraintes matérielles (espace intérieur, bâti, espace public...). Isolé l’individu est à la merci du marché, sa liberté en terme d’habitat se limitant le plus souvent au choix de la couleur des murs (d’où émergence de l’attrait qu’exerce la décoration intérieure, home cinéma...? Petites passions, mais surtout dernier terrain d’exercice d’une illusoire liberté). Le problème étant que nous en sommes venus à considérer cette liberté factice comme l’expression même de la liberté (je fais ce que je veux et n’ai de comptes à rendre à personne sur ma façon de vivre).
A contrario, le principe de l’habitat collectif tel qu’il est pensé et mis en oeuvre au Danemark en Allemagne (baugruppen) ou aux Etats-Unis (co-housing) en ce qu’il repose sur l’union autour d’objectifs communs libère de réelles marges de choix et s’il n’est jamais complètement affranchi des conditions de marché leur est moins étroitement soumis du simple fait de l’existence de groupes d’intérêt.
Notre imaginaire en matière d’habitat collectif est conditionné par l’association quasi exclusive du concept même à des formes d’habitat collectif subies : les grands ensembles, les cités, communautés de fait qui sont le lieu de toutes les exclusions pourtant s’il est envisagé sous l’angle de la communauté intentionnelle (ce qui pose malgré tout le problème de la liberté réelle de choix qui reste fonction des capacités financières), il comporte de multiples avantages concrets (dont use à l’envi le marketing du co-housing aux EU).
Contre une vision romantique, il doit être envisagé (présenté?) sous l’angle de son intérêt pratique (ce en quoi excellent les américains), sans pour autant nier sa dimension politique : réaffirmer notre capacité à intervenir directement sur les conditions et les modalités d’habiter et de vivre ensemble (architecture respectueuse des modes de vies et besoins fondamentaux, rapport raisonné à l’environnement, création de lien social, de solidarités...), poser contre des politiques publiques le plus souvent inféodées aux lois de la promotion immobilière la centralité dans l’habiter de la relation : relation à soi, aux autres, à son environnement naturel et social.
Brut de décoffrage (sur le principe des vides-grenier : à prendre en l'état ou à laisser).