Je ne parviens pas à me défaire de ce sentiment d'être sur la touche ou dans les tribunes, plutôt que sur le terrain avec les autres joueurs. Bien sûr, il y a des connivences, affinités, une langue commune qui ce sont créés au sein du groupe de départ, confortés, raffermis par l'expérience de la vie collective. Et il ne me faudra du temps pour les apprendre, les partager, les faire miens. Mais je commence à nourrir des doutes sur la réalité de mon adhésion au projet. Je continue à trouver sa radicalité (système en locatif pur, propriété collective, cuisine et sanitaires collectifs...) salutaire, mais je me questionne sur ma capacité à l'embrasser pleinement et à la vivre sereinement. Moi, farouchement attachée à mon indépendance, patiemment construite, volontiers solitaire, comment puis-je espérer m'accommoder d'un tel degré de communauté? Je me rassure en me disant que la volonté y suffira. Si je juge ce mode de vie souhaitable qui bat en brèche mon individualisme, ne saurais-je pas capable de m'y adapter. Mon entourage m'alerte sur mon idéalisme forcené. Sur le danger de soumettre sa personnalité à une telle rigueur. Mais voilà je n'ai aucune certitude quand à savoir si c'est ma personnalité qui s'exprime dans les choix que j'ai pu poser ou mon conformisme. Quelque part le bât blesse dans mon quotidien. Le remède est-il Chez Louise et Michel. Hmmm... c'est peut-être investir ce projet de trop d'intime.