Le groupe Habitat Urbain Coopératif Marseille se retrouvait samedi dans un parc pour faire le point sur les besoins des uns et des autres. Il y a là quelques touristes, des observateurs, et la plupart des convives du repas du 30 avril. C'est Bertrand qui mène la danse, à partir du questionnaire élaboré par Oïkos. C'est un questionnaire très détaillé qui comprend une première partie entièrement consacrée à l'évaluation par chacun de sa situation personnelle selon tous les angles possibles et imaginables : professionnel, relationnel, affectif, financier... Il faudrait je pense quelques heures pour réellement aller au bout et dans l'assistance certains renâclent : inutile, puéril, trop new age... Je ne suis pas complètement convaincue non plus, j'ai moi aussi le sentiment d'avoir déjà fait ce travail, de savoir où j'en suis et pourquoi le cohabitat et l'habitat groupé m'intéressent... Et pourtant, je me prête au jeu (nous nous sommes donné une vingtaine de minutes pour en venir à bout) et suis surprise de constater ce que les très vagues intitulés suscitent... (votre situation actuelle, ce qui vous convient, ce qui ne vous convient pas, ce que vous voudriez voir évoluer...) 20 minutes plus tard, je suis loin d'avoir fini et m'interromps à regret.
On a, je crois, tendance à negliger cet aspect lorsqu'on se lance dans un projet d'habitat groupé. Peut être certains ont ils déjà effectivement fait ce travail, peut être est-ce un ras le bol des auto-évaluations incessantes auxquelles nous sommes soumis ici et là, une défiance par rapport à des méthodes semblant inspirées de celles parfois contestables du développement personnel. Je ne sais pas au juste, mais plus j'avance, plus je me dis que c'est une étape essentielle : ne pas se tromper sur ses motivations, moyens, contraintes et envies, prendre le temps d'y réfléchir à tête reposée, y revenir, est quand même le meilleur moyen de ne pas s'exposer à des déceptions cruelles. Bref, cette partie du questionnaire n'était pas destinée à être partagée de toute manière, nous passons donc à la suite, beaucoup plus ludique : ce que nous voulons et imaginons. Les espaces communs, belle unanimité sur les ateliers pour diverses pratiques artistiques, les espaces verts et la laverie, les espaces privatifs, là aussi unanimes sur les extérieurs à soi, le calme et les étages élevés (il semblerait que personne ne veuille vivre au rez-de-chaussée : on y installera les locaux d'activité). Nous abordons rapidement la question des moyens. Je suis la seule à ne pas avoir d'apport (et vais donc devoir réfléchir à comment m'aligner sur les apports des uns et des autres, me semble t'il) pour le reste nos capacités mensuelles sont variables, pas énormes mais raisonnables.
Le dernier exercice que nous propose Bertrand est probablement le plus parlant. Il trace un cercle sur son bloc-notes et nous demande de placer nos initiales sur la feuille par rapport au cercle en fonction de notre évaluation de notre degré d'implication dans le projet. Seuls trois d'entre nous se placent dans le cercle, pour le reste on oscille entre pourtour intérieur et extérieur... Confirmation si besoin était que nous ne formons pas encore un groupe projet mais cheminons dans des directions, disons convergentes...
Le prochain rendez-vous est fixé : dans un mois, pour évoquer la question de la mixité sociale (qui aujourd'hui encore a suscité des échanges vifs, même si elle n'était pas à l'ordre du jour).
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A propos de l'étude des besoins, sur cohabitat.frLe questionnaire Oïkos, toujours sur cohabitat.fr